Une équipe ambitieuse, quelques semaines après Tokyo
Quelques semaines après les Jeux paralympiques de Tokyo, les Belgian Bulls retrouvaient déjà un grand rendez-vous international. Direction Samsun, en Turquie, pour les Championnats d’Europe A 2021 de goalball, disputés en novembre. Pour la Belgique, ce tournoi avait une importance particulière : il fallait digérer la frustration du quart de finale paralympique perdu contre la Lituanie, confirmer le niveau affiché au Japon, rester dans l’élite européenne et, surtout, tenter de retrouver le podium continental.
Le discours d’avant-tournoi était ambitieux. Johan De Rick, coach des Belgian Bulls, annonçait vouloir viser le podium et faire au moins aussi bien qu’en 2017, lorsque la Belgique avait terminé troisième du Championnat d’Europe. Rob Eijssen soulignait également que les Bulls avaient été déçus de leur élimination en quart à Tokyo et qu’ils voulaient retrouver le niveau montré aux Jeux.
La Belgique était alors 9e nation mondiale. Elle était placée dans le groupe B avec la Lituanie, numéro 1 mondiale, l’Ukraine, la Russie et l’Espagne. Le défi était donc réel : les Bulls devaient terminer parmi les quatre premiers de leur poule pour rejoindre les quarts de finale, mais leur objectif dépassait largement la simple qualification.
Une entame cruelle contre l’Ukraine
Le premier match opposait la Belgique à l’Ukraine. C’était déjà un test sérieux. Les Bulls commencent bien : Tom Vanhove ouvre le score après deux minutes. L’Ukraine égalise, mais Tom Vanhove redonne l’avantage à la Belgique juste avant la mi-temps. À la pause, les Belges sont devant et semblent avoir lancé leur tournoi dans le bon sens.
La deuxième période est plus fermée. Les deux défenses prennent le dessus. L’Ukraine égalise sur penalty après plusieurs minutes, puis inscrit le but décisif peu après. La Belgique s’incline 3-2. C’est une défaite courte, frustrante, parce que les Bulls avaient mené et parce qu’un premier succès contre l’Ukraine aurait immédiatement placé l’équipe dans une position idéale.
Cette entrée manquée n’a pourtant pas fait exploser le groupe. Elle a plutôt imposé une réaction rapide. Dans une poule à cinq équipes, une défaite inaugurale ne condamne pas, mais elle réduit immédiatement la marge d’erreur.
L’Espagne balayée, la Belgique se remet en route
Le lendemain, la Belgique affronte l’Espagne. Cette fois, les Bulls ne laissent presque aucune place au doute. Ils marquent rapidement, prennent le contrôle du match et s’envolent. En très peu de temps, le score atteint 9-0. L’Espagne parvient à sauver l’honneur, mais la Belgique termine le travail pour s’imposer 11-1.
Cette victoire a plusieurs effets. Elle relance complètement le tournoi belge, soigne la différence de buts et montre que la défaite contre l’Ukraine n’a pas cassé la dynamique. Elle confirme aussi que les Bulls sont capables d’imposer leur rythme lorsqu’ils parviennent à installer leur jeu offensif.
Après deux matchs, la Belgique compte une victoire et une défaite. Mais le plus gros morceau du groupe arrive : la Lituanie.
L’exploit contre la Lituanie, numéro 1 mondiale
Le troisième match de groupe est l’un des grands moments belges de ce Championnat d’Europe. La Belgique affronte la Lituanie, numéro 1 mondiale et médaillée de bronze aux Jeux paralympiques de Tokyo. Quelques semaines plus tôt, cette même Lituanie avait éliminé les Bulls en quart de finale paralympique. L’affiche est donc lourde de sens.
La Belgique ne commence pas idéalement : la Lituanie frappe rapidement. Mais les Bulls répondent. Tom Vanhove égalise. Klison Mapreni marque ensuite, puis Bruno Vanhove transforme un penalty pour donner deux buts d’avance à la Belgique. La Lituanie revient, mais les Belges parviennent à atteindre la mi-temps avec une avance précieuse.
La deuxième période reste tendue. La Lituanie pousse, mais la Belgique ne craque pas. Les Bulls gardent leur sang-froid et conservent leur avance jusqu’au bout. Victoire 7-5. Sur le papier, c’est une victoire de groupe. Dans le récit belge, c’est bien plus : une revanche symbolique après Tokyo, une preuve de niveau face à l’une des meilleures équipes mondiales et un rappel que les Bulls peuvent battre n’importe qui lorsqu’ils sont dans leur match.
Cette victoire est probablement le sommet sportif de la semaine belge à Samsun. Elle confirme que l’ambition de podium n’était pas irréaliste.
La Russie refroidit les ambitions belges
Le dernier match de groupe oppose la Belgique à la Russie. Sur le papier, l’adversaire semble plus abordable que la Lituanie. Mais le match prend rapidement une mauvaise direction. La Russie commence mieux, prend l’avantage et mène 2-0. La Belgique revient à égalité, mais ne parvient pas à reprendre le contrôle.
Les Russes défendent bien, se montrent efficaces et punissent les Belges. Bruno Vanhove limite les dégâts en seconde période, mais la Russie s’impose finalement 7-2. Ce résultat laisse un goût amer, parce qu’il arrive juste après l’exploit contre la Lituanie. Les Bulls avaient prouvé qu’ils pouvaient battre le numéro 1 mondial, mais ils n’ont pas réussi à confirmer contre une équipe qu’ils devaient pouvoir maîtriser pour espérer un meilleur quart de finale.
Malgré cette défaite, la Belgique termine troisième du groupe B, derrière la Lituanie et l’Ukraine, mais devant la Russie et l’Espagne. La qualification pour les quarts de finale est acquise.